Article de lematinal sur le syndicat à la police beninoise

Publié le par Abdourhamane Touré

 
 
 
A la suite de la décision de la Cour relative au syndicat de la police
Le ministre Mama Sika, le dos au mur
 
Depuis plusieurs mois, la Cour constitutionnelle a rendu sa décision qui donne raison à la délégation du personnel de la police qui a entrepris d’installer une organisation syndicale au sein de la police nationale. Aujourd’hui, les mêmes éléments de la police, forts du soutien de la présidence de la République, reprennent l’initiative que ne peut plus contrecarrer le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation.
Le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Séidou Mama Sika est désormais contraint de laisser faire l’initiative maintes fois empêchée par son prédécesseur, Daniel Tawéma. Les policiers, courant première quinzaine du mois d’octobre 2005 vont mettre sur pied leur syndicat conformément aux textes qui régissent leur corporation. La nouvelle, telle une rumeur, s’est affirmée au cours de ces derniers jours lorsque la présidence de la République s’est intéressée au dossier. En effet, depuis que la Cour constitutionnelle a rendu sa décision qui indique clairement que les policiers, en créant un syndicat, ne violent en aucun cas les lois de la République, le projet porté par la délégation du personnel de la police a été relancé et nombre de cadres de la hiérarchie policière y ont adhéré mieux que par le passé. Cet engouement pour la concrétisation du projet de création d’un syndicat à la police a été renforcé par la position prise par la présidence de la République qui est favorable à l’initiative maintenant que la Cour a levé toute équivoque. C’est là le couronnement des efforts des promoteurs de l’idée de création d’un syndicat à la police. Leur détermination, malgré l’acharnement dont ils ont été l’objet de la part des autorités policières à divers niveaux. Des sanctions, des notations fantaisistes et autres machinations étaient mises à contribution pour leur saper le moral. Mais ils ont tenu bon en sollicitant l’arbitrage des institutions de la République. Aussi, les nouveaux développements que connaît le dossier « syndicat à la police » montrent bien que ceux qui portent le projet maîtrisent les textes qui régissent leur corps. Car, ils avaient, en son temps démontré tant à leurs collègues qu’à leur hiérarchie que les textes qui régissent la police et la carrière des agents des forces de sécurité publique n’empêchent en rien la création d’un syndicat pour défendre les intérêts des policiers. Même le ministre Daniel Tawéma, farouche adversaire du projet, a été convaincu par les meneurs du projet à l’occasion d’une série de rencontres organisées à l’époque pour dissuader les policiers ayant des élans syndicalistes. Mais, pour des raisons qui lui sont personnelles, l’ex-ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation n’a pu autoriser la tenue du congrès, certainement parce que l’ayant combattu précédemment. Aujourd’hui, tout ceci est du passé et la responsabilité du général Séidou Mama Sika est désormais engagée. Le dos au mur, il aura à colmater les brèches pour ce qui concerne les actes de son prédécesseur et assumer, quant à lui, son autorité sans perdre la face.
 
 

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